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ColloqueMonde et existence humaine. En hommage à Jan Patočkales jeudi 24 et vendredi 25 mai 2007
En 2007, nous célébrerons le trentième anniversaire du décès de Jan Patočka, et le centenaire de sa naissance, dans le cadre d'un colloque organisé par le Centre d'anthropologie de l'Institut supérieur de Philosophie de l'Université catholique de Louvain, qui fêtera pour sa part le trentième anniversaire de sa création par Ghislaine Florival et Alphonse De Waelhens. Trente ans après sa mort, quels sont les apports décisifs et la pertinence contemporaine de l'uvre de Jan Patočka ? Nous explorerons d'une part, en amont, ses rapports aux auteurs qui l'ont inspiré (Husserl, Heidegger, Aristote, Fink…) et d'autre part, en aval, la pertinence contemporaine des questions qu'il a soulevées dans sa préoccupation constante de rencontrer les enjeux de son temps (l'unité de la phénoménologie, l'identité de l'Europe, la critique de la technique et d'une certaine modernité). Cette enquête se limitera à l'aire francophone de réception de sa pensée dont nous aurons ainsi à établir les conditions et les étapes. Nous déploierons ensuite ces questions en quatre volets : « Le mouvement de la liberté », « Crise et soin de l'existence », « L'histoire, le temps, l'éternité » et « Le monde commun ». Patočka définit, en effet, l'existence humaine comme mouvement de compréhension de soi avec les autres dans le monde et comme mouvement au sein duquel apparaît le monde. Or, ce mouvement temporel de l'existence est à la fois ouverture à l'histoire et préoccupation de l'éternité, préoccupation de ce qui échappe aux choses qui nous accaparent. Aussi faut-il comprendre le mouvement de l'existence en trois temps : celui de l'enracinement, centré sur le passé, celui de l'insertion, absorbé dans le présent, et celui de la percée, tourné vers l'avenir. Mouvement de la problématicité qui résulte d'un ébranlement du sol ferme, ce troisième mouvement est essentiel à l'auto-compréhension de la liberté. Dès lors, le concept de crise acquiert le double sens du fourvoiement et de l'endurance de la problématicité, et se trouve ainsi réinterprété comme traversée critique qui ne connaît pas l'autre rive, cheminement qui suit le dessaisissement des choses, écart qui permet de prendre « soin de l'âme ». Au-delà du monde commun comme giron accueillant où s'enracine une communauté, au-delà du monde collectif du travail et de l'aliénation techno-scientifique, une « communauté des ébranlés » apparaît alors, une communauté qui fait fi des particularismes et des appartenances, une communauté qui ouvre à l'universel. Cependant, si, pour Patočka, le lieu d'émergence de la problématicité fut l'Europe du cinquième siècle avant Jésus-Christ, l'Europe de la Grèce de Platon et de Socrate, l'Athènes qui vit naître l'histoire, la philosophie et la politique, on ne peut que se demander ce qu'il en est aujourd'hui de la portée et de la pertinence de cette Europe ? A-t-elle encore une vocation au-delà de son histoire locale ? Le soin de l'âme est-il toujours son horizon et sa tâche ? Telles sont quelques-unes des principales questions que nous étudierons à travers les conférences et les tables rondes de ce colloque. | ||||
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Dernière mise à jour : 24
mai 2007
Responsable : Nathalie Frogneux |
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